L’Homme qui écoute

Passionnant documentaire sur la façon dont l’être humain écoute, maîtrise et dissèque le son. (Nova)
Saluons la splendeur d’une bande-son d’une richesse infinie et la beauté des plans, montés comme une véritable composition musicale. (Les Inrockuptibles)
Une exploration scientifique et poétique de l’univers du son. (Le Point)

Synopsis

 

« Je suis l’homme qui écoute… Du matin au soir, sans aucun répit… Quelquefois je me bouche les oreilles, mais j’écoute quand-même… »

… Ainsi commence le récit de “L’homme qui écoute”, journal documenté du monde sonore, exploration de tous les sons formant notre univers auditif : musiques, sons de langage, différents bruits (naturels ou fabriqués) de notre quotidien. D’une pièce de Boulez aux « langues à clicks » de bushmen africains, du grésillement d’un banc de crevettes aux sons imaginaires de nos rêves, un même projet entraîne le récit : « J’aimerais comprendre tout ce que j’écoute, comment je l’entends, pourquoi c’est là… »

“L’homme qui écoute” chronique le monde sonore, de Paris à New-York, de Québec à Marseille… Il fait surtout un voyage intérieur dans le monde de la pensée : il démonte notre machine à entendre.

Bande-annonce et extrait du film

Fiche technique

 

Titre original : L’HOMME QUI ECOUTE
90 minutes, couleur, stéréo, France 1999

Scénario et réalisation : François Caillat

Conseiller scientifique : Stephen McADAMS

Avec :
Emmanuel Bigand
Robert J. Zatorre
Isabelle Peretz
Walter Huber
Jacques Mehler
Mari Riess Jones
Albert S. Bregman
Laurent Silhouette
Miguel Pol
Michel Imbert
Nicolas CHOUART

Texte off dit par François Caillat

Image : Eric Guichard
Prise de son et mixage : Pascale Rousselle
Montage : Sophie Brunet

Producteur : GLORIA FILMS Production (Laurent Lavolé, Isabelle Pragier)
Coproducteurs : INA (Claude Guisard) / ARTE France (Thierry Garrel)
Avec la participation du CNC

Format de tournage : super 16 m/m
Format de première diffusion : Beta numérique

Première diffusion sur ARTE : 3 décembre 1999 (case Grand Format)

A la découverte de la pensée sonore

Un parcours sonore en cinq parties

par François Caillat

Comment comprend-on ce qu’on entend ? Pourquoi, dans un brouhaha, perçoit-on ceci plutôt que cela ? Comment parvient-on à distinguer ce qui est de la musique, du langage, ou simplement du bruit ? Comment fait-on pour isoler, dans une même scène sonore, une conversation, un bruit de pas, le passage d’une voiture ?

Pour répondre à de telles questions, le film emprunte au domaine de la science (science de l’écoute, science des sons sous leurs divers aspects) mais se consacre aux aspects de la vie quotidienne : écouter une mélodie, donner un coup de klaxon, discuter entre voisins… Mille événement sonores que chacun de nous vit sans y prendre garde.

Le film propose un parcours sonore en cinq chapitres :

1. Les sons musicaux.

Ecoutons ces quelques événements sonores : la réduction pour piano d’une symphonie de Mendelsohn, un air de Haendel interprété par une mezzo-soprano, une chanson populaire française avec accordéon, un morceau de rap… Ces événements sont très différents les uns des autres et pourtant nous donnons à chacun le qualificatif de “musical”. Nous y entendons un assemblage sonore particulier, distinct des sons alentour, nous identifions un arrangement, nous pressentons une composition… Ce n’est pas une juxtaposition de sons dénuée signification. Pourquoi ? Qu’est-ce qui caractérise un tel objet sonore ? Qu’est-ce qui fonde son originalité par rapport aux autres sons du monde ? Est-ce une affaire d’éducation, de goût musical, d’accoutumance à la gamme occidentale bien tempérée ? C’est sûr que notre oreille est habituée, culturellement, à reconnaître une cadence, un accord ou une modulation “classiques”. Mais ceci ne concerne pas que la musique tonale. Ecoutons par exemple «Anthèmes», une pièce de Pierre Boulez pour violon solo… N’est-ce pas là aussi de la musique ? Pourtant, qu’est-ce qui permet d’affirmer que les sonorités produites par cet instrument qualifié de “violon” diffèrent des modulations d’une baleine ? Y a-t-il quelque chose qui nous prouve que nous sommes en présence de “musique” ? Quelque chose en nous… Peut-être dans le cerveau ?

2. Les sons langagiers.

Ecoutons maintenant les sons du langage. Eux aussi concourent au magma sonore dans lequel nous vivons quotidiennement. Dans toute scène sonore, surtout en ville, il y a des voix, des appels, des conversations, des cris lointains… Nous les reconnaissons comme tels, nous les distinguons des sons alentour… En quoi sont-ils si particuliers ? Par exemple – puisque nous venons de parler de musique – qu’est-ce qui différencie, à l’écoute, un son de langage d’un son musical ? Est-ce notre cerveau qui traite chacun séparément, selon son domaine d’origine? Et si notre cerveau se trompait, s’il peinait à reconnaître, ou s’il n’était qu’à moitié compétent – si, par exemple, il était apte à identifier le langage mais pas la musique, ou l’inverse ?

C’est vrai, il y a effectivement des patients qui sont inaptes à “écouter” la musique mais qui n’ont pas de problème avec le langage ; ou l’inverse, comme le célèbre musicien russe Shébalin : il composait ses Symphonies alors qu’il était devenu totalement aphasique. Quoiqu’il entendait bien de ses deux oreilles, il était incapable de reconnaître comme tels les sons de langage. Son cerveau avait la déficience de cette fonction-là.

Découvrons maintenant des aphasiques qui ne peuvent plus reconnaître le langage. Trois hommes et une femme qui, si on leur parle, n’entendent qu’une rumeur, du bruit, des sonorités plus ou moins incompréhensibles. Pour eux, à des degrés divers, le langage a perdu sa signification. C’est juste du parasitage, quelques sons réunis sans logique…

Mais justement quelle est la logique du langage ? De quoi est-il donc fait qu’on puisse le reconnaître facilement, sans effort ni réflexion ? De quoi se compose cet ensemble sonore dont tout enfant maîtrise la perception raisonnée en quelques années d’apprentissage ?

On découvre ici combien l’écoute du langage nous entraîne au coeur de la dimension humaine : comment est-ce possible qu’un nouveau-né soit apte, en situation d’écoute quasi-aveugle, à reconnaître sa langue maternelle, l’identifier sans erreur, la distinguer d’autres langues ? S’il ne l’a pas encore appris, d’où le sait-il ? Comment perçoit-il d’emblée les paramètres techniques (phonèmes, syllabes) qui lui permettront bientôt de reconnaître des suites sonores signifiantes ? En somme, qu’est-ce qui permet à l’homme, dès l’aube de sa vie, d’écouter certains assemblages sonores en y portant le qualificatif de “langage” ? N’y aurait-il pas là un substrat qui rende possible une telle perception – un substrat semblable à celui qui organise probablement la perception des sons musicaux… La présence d’un “rythme”, par exemple ?

Le rythme, effectivement, semble structurer la plupart des événements sonores de notre environnement. Outre la musique et le langage, on le trouve par exemple dans d’innombrables bruits de la ville : un marteau-piqueur, le jet d’eau d’une fontaine, la pétarade d’une moto, un passage d’hélicoptère, l’envol d’un pigeon, le glissement d’un roler…
Mais où se trouve ce rythme ? Dans le monde, ou en nous ? Est-ce une sensation ou une donnée objective ? Peut-être les deux à la fois ?…

3. Les sons de l’environnement.

Après la musique et le langage, le film aborde la troisième catégorie de sons, la plus vaste et variée : les sons de l’environnement – naturels ou fabriqués, agréables ou parasites…

Les sons de l’environnement surgissent tantôt comme des bruits : quand ils nous gênent parce que nous ne voulons pas y prêter l’oreille ; tantôt comme des événements cohérents : quand nous les recherchons et leur prêtons attention…

Voila le maître mot de l’écoute : “l’attention”, celle qu’on porte à ceci plutôt qu’à cela. Nous le découvrons par exemple en écoutant la rumeur de la ville de New-York : la rue, les klaxons, le passage de camions de pompiers, une conversation… Entre tout cela, il faut pourtant choisir ce qu’on veut entendre. Il faut élaborer une écoute sélective, se mettre en quête de tel son en essayant, en même temps, d’écarter mentalement tel autre qui lui fait écran… En vérité, pour écouter, il faut se concentrer sur ce qu’on veut entendre.

Nous voilà loin d’une écoute passive, d’une perception-réceptacle du monde environnant. Au contraire, on découvre que l’écoute est toujours dirigée, orientée, décidée, quasi-intentionnelle. Pour pouvoir entendre, il faut choisir son attention, se caler sur le rythme alentour, utiliser son “horloge interne”, anticiper la suite de ce qu’on entendra… Il faut mener un véritable travail de savant.

Mais mener ce travail de savant, il faut aussi que chaque sonorité du monde acquière un sens. Il faut que notre environnement soit davantage qu’un mélange sonore confus. Par exemple, si une cloche sonne tandis que piaillent des moineaux, il faut que les composantes du son de cloche ne se mélangent pas, dans notre perception, avec les composantes du son de moineaux – faute de quoi on ne distinguerait plus ni cloche, ni moineaux, ni même aucun autre objet de notre environnement. Tout se confondrait en un magma informe, compact, continu…

Tentons justement quelques écoutes dans la campagne canadienne ou la cité américaine. Ecoutons des sons de nature (de curieux cris d’oiseaux à répétition), des sons ruraux (un galop de cheval qui, subrepticement, devient un moteur de moissonneuse-batteuse), des sons domestiques (la cuisson d’un oeuf comparée au passage d’un avion dit supersonique)… Mis en présence de ces sonorités complexes, comment réussissons-nous à y trouver de la cohérence ? Qu’est-ce qui nous permet d’identifier ces sons, de comprendre qu’ils ne sont pas des bruits confus mais des objets sonores définis – même si leur origine peut sembler ambiguë ?

Nous voilà à nouveau confrontés à la question de fond de la perception sonore : comment faisons-nous pour comprendre le monde ? Comment, entourés à chaque instant de milliers de sons emmêlés, pouvons-nous les séparer (où finit le pleur du bébé, où commence le miaulement du chat ?), les répartir en catégories de pensée (qu’est-ce qui revient plutôt à celui-ci qu’à celui-là ?), les interpréter selon le contexte (un écho ne signifie pas qu’il y ait deux sources sonores), les réunir dans des ensembles plus vastes (deux voix différentes deviennent semblables en face d’un bruit d’avion), etc… Bref, comment chaque individu élabore-t-il son paysage mental en fonction de ce qu’il entend ?

De telles questions sont d’autant plus légitimes que l’écoute, souvent, s’effectue sans que soit regardée le scène correspondante. De fait, on peut très bien écouter sans voir, et se servir des seules facultés auditives pour identifier les sons.On peut même, le plus souvent avec succès, se lancer dans de véritables reconnaissances “à l’aveugle”…

4. Ecouter / voir.

Découvrons l’activité d’experts en reconnaissance sonore sous-marine. Ils écoutent en direction des profondeurs obscures et sont pareils à des aveugles qui cherchent à “deviner” ce qu’ils ne verront jamais. Nos deux spécialistes réussissent ainsi à identifier des événement sonores situés à plusieurs kilomètres : le grattement d’un banc de crevettes, le cri d’un dauphin, le ressac sur la côte, le ronronnement d’une hélice de chalutier, le passage feutré d’un bateau de guerre… Rien n’échappe à ces experts, anciens sous-mariniers de la Marine Nationale et fameuses “Oreilles d’Or” chargées d’espionner les bâtiment ennemis d’après les sons… Ils démontrent à l’envi que l’écoute exige une attitude active.

Mais peut-on vraiment se passer de voir pour écouter ? Certes oui, ces deux experts nous le démontrent. Et d’ailleurs les aveugles de naissance ne sont pour autant sourds. Mais il est sûr, toutefois, que l’oeil apporte à l’oreille des compléments d’information précieux : démentis ou confirmations, rectifications et doutes… Toutes sortes de relations existent entre ces deux sens.

Observons par exemple un match de football, filmé à la fois dans le stade (pelouse, gradins) et dans sa retransmission sur une chaîne de télé. Ici, c’est l’alliance de l’oreille et l’oeil qui produit une représentation cohérente du spectacle sportif. L’oreille et l’oeil vont de pair et s’allient, faute de quoi on perçoit d’étranges phénomènes : par exemple, la voix du présentateur n’est plus synchrone avec ses lèvres, ou un excès de son transforme les plans pris dans le stade en images de chalutier, ou encore (cas contraire) une extinction de son transforme les jeune spectateurs au bras tendu en militants d’une cause équivoque…

Il est vrai qu’on peut écouter sans voir – de même qu’on peut regarder sans entendre. Toutefois, la cohérence de la scène sera plus vite obtenue quand le cerveau travaille avec l’ensemble de ses fonctions. Et qu’il n’est pas obligé de reconstituer les informations qui lui manquent.

5. Les sons imaginés.

Puisqu’on peut reconstituer les informations absentes, pourquoi n’irait-on pas jusqu’à les inventer ? Par exemple, en recréant les sons qui font défaut…

Nous voilà maintenant sur le territoire des sons à deviner, à compléter, à imaginer…

Prenons une rue vide, à un carrefour de Brooklyn… Emplissons-la de sons divers : cri de lion, appel angoissé d’une femme, bris de verre, menaces d’un agent, coups de feu… Une scène est née, plausible dans son développement (cause à effet) mais tout à fait imaginaire. Il a suffi de construire une séquence sonore – aussi exotique soit-elle – pour donner à ce carrefour une signification inédite. Voilà un lieu investi de “ses” sons. Jusqu’à ce qu’on en imagine d’autres…

A ce jeu-là, rien n’est impossible. Peuplons les appartements nocturnes d’un grand ensemble avec les sons qu’on aimerait y entendre : des sons de radio, de télé, de douche ou d’escalier… Une vie possible est proposée à ces lieux silencieux, un sens est donné à ces images “muettes”…

Poussons l’artifice jusqu’à utiliser des images très neutres : les pavés d’une rue sur lesquels on entend, en off, différentes séquences sonores : la descente d’une foule victorieuse en août 1944, un sprint final du Tour de France, un commentaire du défilé 14 juillet par Léon Zitrone, les cris d’une manifestation en 1968… Voilà ces modestes pavés devenus ceux des Champs-Elysées, et soudain affectés d’une incontestable vérité. Le son leur a donné son label.

Allons enfin à Marseille, dans le port industriel abandonné. Au long des quais devenus déserts résonnent les multiples événements qui l’ont jadis peuplé : manifestation de dockers, vieux refrains français ou musiques d’Algérie… Tout un passé surgit, et cette histoire ancienne est retrouvée à la seule évocation des sons. Chacun le sait bien pour l’avoir éprouvé : les sons, notamment ceux d’anciennes chansons, constituent un puissant vecteur mémoriel. Ils constituent une mémoire des lieux, sa mémoire invisible et tenace.

Ici, l’écoute touche à son point extrême : le son n’est plus ancré sur une quelconque réalité perçue. Il est juste rêvé : réinventé, quasi-halluciné.

L’homme qui écoute a achevé son parcours. Il a successivement entendu les sons de la musique, du langage, de l’environnement… Et peu à peu, il s’est écarté des seules sonorités claires et distinctes. Il a découvert que le monde sonore n’était pas uniquement ce qu’on croit “bien entendre”, mais aussi ce qu’on doit compléter, reconstituer, ou parfois totalement inventer…

L’homme qui écoute a mesuré combien toute perception d’un événement sonore exigeait une analyse fine et complexe. Il a découvert aussi que le travail du cerveau n’excluait ni le plaisir du quiproquo ni la liberté de l’imagination… Et il s’est joué de son écoute à mesure qu’il en découvrait le sérieux.

Débat avec Daniel Deshays

La question sonore : débat filmé avec Daniel Deshays

Débat organisé autour de la projection du film “L”homme qui écoute
Avec Daniel Deshays et François Caillat.
Modératrice : Mina Rad
(durée : 56 minutes ; qualité d’enregistrement-témoin)

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Festival “Après Varan“
Ateliers Varan, 30/11/2015

Photos

Contacts et liens : production, diffusion, distribution

 

Supports disponibles à la programmation :
DCP, Beta num, DVD, liens

Production et distribution du film :
Gloria Films Productions, Paris

Location du film pour séances collectives (secteur culturel) :
Contact : cinema.documentaire@laposte.net

Location et projections publiques en bibliothèques et médiathèques :
ADAV

DVD, achat en ligne :
Double DVD “L’homme qui écoute” et le film “Naissance de la parole” :
Bande-annonce du double DVD : cliquer ici
Acheter en ligne : cliquer ici

DVD, achat en librairie :
Double DVD “L’homme qui écoute” et le film “Naissance de la parole” :
Paris, Librairie Potemkine : cliquer ici
Acheter sur le site de la librairie : cliquer ici

Dans la presse

Nova

Passionnant documentaire sur la façon dont l’être humain écoute, maîtrise et dissèque le son.
(Nova, décembre 99)

Les Inrockuptibles

Dans L’Homme qui écoute, François Caillat réussit à traduire visuellement la richesse sonore du monde qui nous entoure.Dès les premiers plans qui ouvrent [son] magnifique documentaire, se joue en nous et sur l’écran un drame interne, une bataille joyeuse entre deux pulsions irrépressibles et contradictoires : se boucher les oreilles pour mieux entendre la symphonie visuelle qui se déroule sous notre regard ravi par tant de beauté, ou bien fermer les yeux pour mieux se concentrer sur le spectacle sonore et les images mentales qu’il convoque. (…)
Au-delà du remarquable travail scientifique fourni par l’auteur, saluons la splendeur d’une bande-son d’une richesse infinie et la beauté des plans, montés comme une véritable composition musicale, où les thèmes visuels récurrents – le ressac des flots, les décrochements lumineux des buildings de Manhattan, la gamme chromatique d’un paysage aux couleurs automnales… – évoquent parfois la palette, la structure géométrique des œuvres de Paul Klee, ces aplats de couleurs aux timbres nuancés que le peintre appelait Polyphonies
(Les Inrockuptibles, 01.12.1999)

Le Point

Une exploration scientifique et poétique de l’univers du son.
(Le Point, 26/11/99)

Le Figaro

L’Homme qui écoute, le film documentaire de François Caillat, diffusé ce soir sur Arte est un peu ardu mais passionnant. Le réalisateur, notamment auteur du Troisième œil, un essai documentaire sur le processus de vision, est fasciné par le comportement de l’homme, et sa relation au monde. (…)
Pour rendre abordable un sujet – le système auditif – d’emblée difficile à traiter par l’image, le réalisateur a pris le parti de s’intéresser à notre perception du bruit dans la vie quotidienne : écouter une mélodie, donner un coup de klaxon, avoir une discussion. On y découvre à quel point le système auditif est extraordinaire. (…)
François Caillat s’est également interrogé sur l’association vision-audition. Car l’œil, incontestablement, aide à entendre. “Comment distinguer, la nuit, le cri d’un chat de celui d’un bébé ? interroge le documentariste. Que peut-on entendre s’il n’y a plus rien à voir ? ”
En réalité, “ notre cerveau n’est pas seulement un micro, il ne peut entendre qu’à condition d’organiser lui-même ce qu’il veut bien entendre ”, affirme le réalisateur. Car le monde sonore n’est pas uniquement ce qu’on veut bien entendre mais aussi ce que l’on doit deviner, reconstituer et parfois même inventer.
(Le Figaro, 3/12/99)

Télé Cable Hebdo

Film subtil sur l’audition et l’univers sonore.
(Télé Cable Hebdo, 27/11/02)

Télérama

Le film de François Caillat parvient à donner à voir et à comprendre les mystères d’une sensation auditive. Musique, langage, voix, bruits et même re-création du monde qui passe par l’oreille.
(Télérama, 27.11.1999)

Famille Chrétienne

Documentaire expérimental, L’Homme qui écoute explore tous les sons qui forment notre univers auditif : les bruits quotidiens, les paroles humaines et la musique.
L’approche est à la fois inventive et scientifique. (…) Le principal intérêt du documentaire tient à ce qu’il fait appel à l’expérience de chacun, jouant avec nos sens et notre imagination.
(Famille Chrétienne, 27.11.1999)

Télévision française

Une voix « off » s’interroge sur “ le peuple des sons ”. En tous lieux – dans les grandes villes ou dans les déserts, sous la mer ou dans les cieux – les sons ont en effet leur place, tendant même à dominer tout le champ sensible par leur omniprésence et leur spécificité, avec, comme l’expliquent les spécialistes, leurs rythmes, leurs dimensions de temps et d’attente, leur esthétique, et les effets sur nos sens. (…) En procédant par de réguliers contrastes de sons et d’images, et en faisant revenir, comme un leitmotiv, une interprétation musicale en public, le film multiplie les effets sonores et, simultanément, visuels, comme ces gros plans sur des bouches en train de parler, des aliments en pleine cuisson, des gouttes de pluie tombant sur l’eau… On comprend ainsi que savoir écouter nécessite une attention particulière, tout comme le film qui, parfois ardu, joue sur le quotidien comme sur l’expérimental, et cherche ici à concilier science et poésie.
(Télévision française, « La saison 2000 »)

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