La Voix des Morts

Synopsis

 

La région de Carélie, en Russie, est hantée par l’histoire du Belomorkanal (Canal de la Mer Blanche), chantier meurtrier des années 1930 qui fut la fierté du régime stalinien.

La voix des morts forme un poème visuel et sonore où les paysages majestueux et les archives d’époque se rencontrent dans une composition originale pour grand orchestre.

Un film-essai, réalisé avec l’aide du Fresnoy.

Extrait du film

Fiche technique

Titre original : « LA VOIX DES MORTS »
26’50, couleur, stéréo et 5.1, France, 2018

Scénario et réalisation : François Caillat
Musique originale : Frédéric Boulard
Création visuelle et montage : David Rodes

Tournage en HD 16/9

Image : Jacques Besse
Son : Stephan Bauer

Assistanat à la réalisation et régie : Guylain Canet et Silvia Radelli
Assistanat au montage : Benjamin Delattre

Etalonnage : François Engrand
Mixage : Christian Cartier

Co-production :
Tempo Films
Pictanovo, avec le soutien de la Région Hauts-de-France et en partenariat avec le cnc
Le Fresnoy, studio national des arts contemporains
Avec la participation du Centre national du cinéma et de l’image animée – aide à la production avant réalisation

Directrice de production : Hortense Quitard

Supports disponibles à la programmation :
DCP, DVD, liens

Production et distribution du film :
Tempo films

Location du film pour séances collectives (secteur culturel) :
Contact : cinema.documentaire@laposte.net

DVD pour usage privé
Contact : cinema.documentaire@laposte.net

Diffusion à l’international
langues disponibles : français, anglais

Un film-essai

POEME MUSICAL ET SONORE SUR LE BELOMORKANAL

Reliant la Mer Baltique à la Mer Blanche à travers la Carélie, le Belomorkanal (dit “Canal Staline”) porte la mémoire glorieuse et tragique des conquêtes du socialisme. Construit en 1931-33 par des dizaines de milliers de détenus, le chantier était censé leur fournir une réhabilitation par le travail forcé. Les prisonniers, en participant à cette œuvre grandiose, accédaient au panthéon des héros de l’URSS.
On estime que vingt mille d’entre eux périrent à la tâche.

Le Belomorkanal incarne à la fois la noirceur des camps staliniens et les vertus rédemptrices du travail, mis au service de la grande cause. Il porte en lui les contradictions de la plus grande utopie politique du 20ème siècle.


Un film musical.

La voix des morts est un film-essai d’une trentaine de minutes, où l’image et la musique tiennent une part égale.
On peut parler d’un “film musical”.

L’image est faite de plans de nature tournés en Carélie russe (lacs, forêts de bouleaux), retravaillés dans leur forme et leur texture.
Elle intègre progressivement des fragments d’archives policières soviétiques (Guepeou) des années 1930, consacrés à l’avancée du chantier.

La musique, conçue d’un seul tenant et sur la même durée, forme un poème sonore qui répond à l’image, sans effet de redondance ni d’illustration.

Ensemble, image et musique font revivre devant nous l’épopée tragique de la construction du Belomorkanal.


Une musique originale.

La musique a été écrite pour le film par Frédéric Boulard, compositeur dont plusieurs œuvres passées ont été jouées par des orchestres de classe internationale et font l’objet d’éditions réputées.

Cette musique, composée pour une trentaine de musiciens, est interprétée par les instrumentistes de l’Orchestre de Douai, auxquels s’adjoint un Chœur.


Une création visuelle.

Le mélange progressif d’images de nature et d’archives, et leur superposition dynamique dans la partie médiane du film, a été conçu avec le concours de David Rodes, jeune artiste sorti de l’Ecole du Fresnoy – studio national des art contemporains, célèbre centre de création visuelle international.

 

Diffusion du film.

Ce film-essai, de facture volontairement radicale, peut figurer au sein d’expositions ou d’installations dans un espace muséal.

Il existe aussi (sous forme raccourcie de 16 minutes) comme troisième volet d’un long-métrage intitulé Triptyque russe, réunissant trois films courts de François Caillat autour du même sujet du Belomorkanal.

 

Le Belomorkanal

LA LEGENDE TRAGIQUE DU "CANAL STALINE"

Le percement du canal de la Mer Blanche – le Belomokanal, dit “Canal Staline” – fut réalisé en 1931-33 sur décision du pouvoir soviétique pour désenclaver la Mer Blanche en la reliant à la Mer Baltique. Long de 227 kms, il répondait à des préoccupations stratégiques autant que commerciales en ouvrant un passage à la flotte du Grand Nord. Sa construction mobilisa de dizaines de milliers de travailleurs forcés : droits communs, paysans dékoulakisés, et surtout opposants politiques sur lesquels la répression avait commencé à s’abattre dès les années 1920.
La mise en œuvre du chantier fut grandiose. Le projet exigeait de vaincre d’énormes dénivellations de terrain, de brasser des millions de mètres cubes, de construire des dizaines de digues, de retenues et d’écluses. Le travail fut réalisé avec des matériaux le plus souvent en bois et selon des techniques rudimentaires. 
Staline avait exigé que l’ouvrage soit achevé vite et à bas prix. Il fut obéi, mais le prix s’avéra très élevé en hommes : on estime que, sur les 125.000 prisonniers employés au chantier, 25.000 y laissèrent la vie.

La Carélie du Belomorkanal représente, avec la Sibérie, la première région du Goulag soviétique, avec ses populations de détenus, ses camps, son organisation minutieuse gérée par la police politique, la Guepeou À l’époque, pourtant, cet aspect concentrationnaire du chantier demeurait méconnu. Seule comptait la gloire du régime soviétique. Le canal symbolisait la lutte héroïque de l’homme contre la nature. Maxime Gorki, qui en fut l’ardent défenseur, parlait de « la vérité du communisme » traduite en acte dans un geste grandiose. Le Belomorkanal devait incarner la puissance de l’URSS, comme les Pyramides égyptiennes avaient magnifié l’ère des Pharaons.

Ce travail collectif, utile économiquement au pays, avait aussi une fonction sociale : il permettait de transformer tous ceux qui s’étaient fourvoyés ou n’avaient pas encore découvert les bienfaits de la révolution désormais incarnée par Staline. En travaillant durement, toujours au risque de leur vie, les “asociaux” retrouvaient le goût de leur patrie et le sens de l’intérêt commun. Bien avant l’invention du héros stakhanoviste, le travailleur du Belomorkanal figurait une nouvelle espèce d’homme transcendé par les vertus du socialisme. C’est pourquoi la construction du canal devint rapidement l’objet d’un véritable culte et qu’on en représenta la genèse sous toutes ses formes : littérature, films et photos.

De nombreux albums virent ainsi le jour, en Carélie et à Moscou, composés avec art et dévotion, alliant des panégyriques à la gloire du chantier et des photographies de travailleurs “asociaux” présentant les signes extérieurs d’une reconversion réussie. Ceux-là, qu’ils aient été criminels ou saboteurs, voleurs ou prostituées, spéculateurs ou affameurs, incarnaient tous l’Homme nouveau dont ces années 1930 proclamaient l’avènement. Grâce au travail dans le paradis socialiste, ils conquéraient leur rédemption.

Le plus célèbre des albums fut “Le Canal Staline Mer Blanche-Baltique, histoire de la construction” dit Album Gorki, magnifique recueil illustré réunissant dans une louange commune les grands noms soviétiques de la littérature (Maxime Gorki, Alexeï Tolstoï, Viktor Chklovski) et de la photographie (Alexandre Rodtchenko).
La réputation de cet album s’étendit à toute l’URSS et gagna même l’Europe, où les chantres de la révolution soviétique vantèrent bientôt le Belomorkanal. Commentant la « requalification » des travailleurs forcés, Aragon écrivit, plein d’enthousiasme : « Nous sommes à un moment de l’histoire de l’humanité qui ressemble en quelque chose à la période du passage du singe à l’homme ».

A côté de cet album Gorki, de nombreux autres documents furent produits à l’époque pour glorifier le Belomorkal.

Des milliers de photographes furent prises par des artistes professionnels. Certains étaient célèbres, comme Rodtchenko, qui passèrent quelques temps sur le canal pour faire des séries de clichés. Mais d’autres étaient des anonymes, arrêtés pour faire des photos quotidiennes et traités comme de simples détenus. Ceux-là restèrent deux ans sur place à documenter l’avancement du chantier. A Petrazovodsk, petite ville en bordure du Belomorkanal, on peut consulter sous le manteau une collection de 10.000 photos d’époque de très bonne qualité, relatant jour après le chantier du canal.

Des images filmées furent également tournées sous l’autorité de la police politique du Guepeou, responsable de l’administration du chantier. Ces images présentaient toutes les étapes de percement du canal, jusqu’à sa mise en service. Ces images furent rassemblées sous forme de films de propagande, agrémentés de musiques entraînantes et de cartons aux textes édifiants.
Plusieurs versions de ces films furent sous-titrés en langue étrangère à destination des partis communistes frères, notamment d’Europe occidentale.

Les films et les photos, pas plus que l’album Gorki, ne mentionnaient, bien sûr, le coût humain du chantier du Belomorkanal. Ils ne disait pas que les “asociaux” étaient le plus souvent des opposants au régime, et non des délinquants de droit commun. Ils ne montraient en des terribles conditions de vie des relégués, contraints à un travail épuisant sans équipement approprié, obligés souvent de creuser la terre à main nue, de manger et dormir en plein air, de soumettre leur existence déjà précaire à la lutte féroce des camps de concentration.

Les documents de propagande n’expliquaient pas non plus que, pour mener à bien ce projet pharaonique, la police politique n’hésitait pas à faire main basse sur tous ceux dont elle avait besoin : détenus ordinaires, délinquants et droits communs, tirés de leurs geôles à Moscou et expédiés en Carélie pour réaliser le gros œuvre du chantier ; mais également ingénieurs qualifiés – techniciens, architectes, spécialistes d’hydraulique -, arrêtés sous des prétextes fallacieux à seule fin d’utiliser une parcelle de leur savoir.
Ainsi, l’administration du canal n’employait pas seulement les prisonniers existants, elle en suscitait, elle les créait en fonction de ses besoins. La répression n’était pas seulement l’accompagnement obligé du chantier, elle en était aussi sa condition de possibilité.

(François Caillat, extrait du dossier-scénario du film)

L’actualité du film

PRESENTATION ET DIFFUSION

“La voix des morts” est présenté régulièrement en galerie d’art ou en salle.

Dernièrement :
À Berlin, à la galerie Art Gallery Z.
A Paris, en janvier 2019, lors d’une soirée à la scam consacrée au thème “Paysage et mémoire”.

Il figure aussi, sous forme raccourcie, dans le long-métrage de François Caillat “Triptyque russe” (troisième volet : “Le bruit de la terre”). Ce film a obtenu le prix Bernard Glandier (Jury Jeune) au Festival International du Film d’Histoire (FIDH) de Pessac.

“La voix des morts” est disponible en dvd :
Contact : tempofilmsprod@gmail.com

X

(rubrique en cours)

(remplissage en cours)

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XX rubrique en cours

22 janvier 2019, Paris (scam)
Présentation en avant-première de “La voix des morts‘.
Projection accompagnée du film de Jean-Christian Riff, “Le paysage rêvé”, dans le cadre d’une soirée “PAYSAGE et MEMOIRE”, inaugurant un cycle de programmation sur les paysages porteurs de mémoire.

Photos

Contacts et liens : production, diffusion, distribution

« LA VOIX DES MORTS »
26’50, couleur, stéréo et 5.1, France, 2018

Supports disponibles à la programmation :
DCP, DVD, liens

Production et distribution du film :
Tempo films
Contact : tempofilmsprod@gmail.com

Location du film pour séances collectives (secteur culturel) :
Contact : cinema.documentaire@laposte.net

DVD pour usage privé
Contact : cinema.documentaire@laposte.net

Diffusion à l’international
langues disponibles : français, anglais

English / Español

The region of Karelia, in Russia, is haunted by the history of the White Sea Canal, or Belomorkanal. This 1930s construction endeavor, for which tens of thousands died, was the pride of the Stalinist regime. The film is a visual and sound poem interweaving majestic landscapes, archival footage, and an original score for symphony orchestra. A film-essay co-produced with Le Fresnoy

(remplissage en cours)