Espérance – lettres sur l’engagement

Synopsis

 

François Caillat et Silvia Radelli s’écrivent d’un bout à l’autre du monde. Ils s’échangent leurs impressions, leurs témoignages et leurs pensées.

Silvia Radelli s’intéresse à la figure de l’Italienne Tina Modotti durant les années 1920/30. Elle suit les traces de cette actrice et photographe bohème devenue militante communiste, activiste stalinienne puis agent secret soviétique, engagée à l’extrême dans les combats politiques de son temps, du Mexique à Berlin, de Moscou à l’Espagne en guerre.

François Caillat rencontre des jeunes femmes bénévoles de MSF (Médecins sans Frontières) dans les camps de réfugiés à la frontière du Congo RDC. Il découvre dans leur geste humanitaire une autre manière de s’engager aujourd’hui, loin de la politique.

Deux regards croisés, un film épistolaire sur l’engagement.

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Fiche technique

 

Titre original : ESPERANCE, lettres sur l’engagement
88 minutes, couleur, France, 2017.

Titre anglais : Hope, letters on Engagement

Format de tournage : DV 16/9 et DV 4/3
Format de diffusion : HD 16/9.

Version originale : français, anglais, espagnol, italien + sous-titrages français.
Version sous-titrée anglaise

Image et son
François Caillat et Silvia Radelli

Montage
Maxence Voiseux
assisté de Benjamin Delattre

Création musicale
Pascal Doumange

Mixage
Guillaume Solignat

Production exécutive
Hortense Quitard et Yann Brolli

Scénario et réalisation
François Caillat et Silvia Radelli

Coproduction : Tempo Films, Ina, Vosges Télévision,
Avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée, de la Région Alsace, de Strasbourg Eurométropole.

Numéro ISAN 0000-0003-47B8-0000-6-0000-0000-J

NB Il existe une version longue du film, durée : 106 minutes, intitulée “Changer le monde”, disponible chez Tempo Films

“Un voyage sentimental”

SUR LES TRACES DE TINA MODOTTI

On trouve dans l’existence de Tina Modotti tous les ingrédients qui font une destinée. Cette “ beauté internationale ” fut à la fois actrice à Hollywood et agent internationaliste aux ordres de Moscou, photographe à Mexico et militante du Secours Rouge pendant la guerre d’Espagne, organisatrice d’Agit-Prop à Berlin et amie des assassins de Trotski. Elle fut une femme irrésistible à tous les sens du terme, aussi grande séductrice et artiste surdouée que camarade impitoyable…
Ce parcours apparemment tumultueux, voire chaotique, présente en réalité une grande cohérence. La vie de Tina Modotti se déroule comme une série de bonds en avant, où chaque étape radicalise la précédente, chaque rupture donne un nouvel élan.

Arrivée en Californie à l’âge de dix-sept ans, la belle immigrée italienne travaille d’abord comme employée modiste. Elle séduit bientôt un poète et se transforme en starlette du cinéma muet. Elle pose ensuite comme modèle pour le photographe Edward Weston, devient sa maîtresse, son assistante, prend sa place et lui ravit la notoriété. À Mexico, ayant découvert la révolution avec un guérillero, elle délaisse les images formalistes et se lance dans le reportage social. Inscrite au Parti Communiste Mexicain, elle renonce à sa carrière de photographe pour se consacrer au militantisme. Elle quitte alors l’Amérique avec un nouvel amant, agent du Komintern, et gagne l’URSS. Elle intègre l’appareil stalinien qui l’envoie à Paris, Bruxelles et Berlin pour des missions de propagande et d’organisation. Elle rejoint l’Espagne, où elle encadre les volontaires communistes des Brigades Internationales et participe aux basses œuvres de Moscou contre les combattants trotskistes. Elle meurt à quarante-deux ans, tandis que la seconde guerre mondiale a sonné le glas de ses espoirs.

Tina Modotti est une femme passionnée, excessive, en quête d’absolu. En politique comme en amour, elle manifeste durant toute sa vie un caractère entier. Le mot qui la caractérise le mieux est probablement celui d’engagement.

Une recherche empathique.

Silvia Radelli part aujourd’hui sur les traces de Tina Modotti. Elle découvre pas à pas son existence turbulente. Elle relate ce parcours sous forme d’un récit épistolaire, entendu dans le film en voix off.

L’histoire débute en 1913, quand une adolescente italienne arrive en bateau à New York. Le film commence à cet instant, sur un paquebot transatlantique. Silvia Radelli, qui voyage près de cent ans plus tard, se laisse guider par le souvenir d’une traversée. Elle se met dans le sillage de la jeune émigrée, elle est comme son double moderne. L’identification est possible parce que la femme d’aujourd’hui se sent proche de celle d’autrefois. Elle aime sa jeunesse, sa fougue, son enthousiasme. Elle se laisse entraîner parce qu’elle pressent une vie d’aventure. Elle perçoit ce voyage comme la recherche d’un Nouveau Monde qui doit changer toute existence. Comme le prélude d’une destinée possible.

Le récit s’ouvre sur cette image dynamique et joyeuse : une adolescente italienne, belle et dotée d’énergie, part seule en Amérique au début du siècle. Voilà le début d’un film ou d’un roman, presque un sujet idéal. Celle qui se lance aujourd’hui sur les traces de la jeune Tina Modotti le sait. Elle pressent une figure mythique, un portrait d’héroïne. En même temps, elle accomplit une quête personnelle. Elle s’intéresse à Tina Modotti parce qu’elle s’en trouve proche. Elle entreprend avec elle un voyage en empathie. Et sa voix se superpose facilement à la sienne.

Une vie fiévreuse.

En Amérique, elle découvre chez son héroïne une succession de vies et de passions : l’installation en Californie et le métier de modiste ; les premières amours avec un poète excentrique de San Francisco ; le déménagement à Los Angeles en 1922 et la vie de starlette dans quelques mélodrames muets ; la rencontre amoureuse avec Edward Weston et l’initiation rapide à la photographie ; les séjours à Mexico et la fréquentation des peintres muralistes…

Durant ces premières années, une vie effervescente surgit par tableaux successifs. Tina Modotti apparaît comme une jeune femme qui sait profiter au mieux des circonstances – lieux accueillants et hommes amoureux. Elle n’a pas de projet précis, sauf peut-être celui de vivre intensément sans se laisser rebuter par les obstacles. Ainsi, quand son amoureux poète disparaît, elle convole aussitôt avec un nouvel amant ; quand sa carrière d’actrice ralentit, elle se tourne vers la photographie ; quand elle arrive à Mexico, elle intègre l’avant-garde picturale regroupée autour du peintre Diego Rivera. Elle avance rapidement, change souvent d’hommes, de villes et de métiers – elle n’hésite pas. Même sa conversion rapide au communisme, au milieu des années 1920, s’inscrit dans cette suite de hasards provoqués. En fréquentant les muralistes mexicains, elle a découvert une idée de la justice sociale et des luttes à mener. Elle s’engage alors dans la cause militante, comme elle s’était engagée dans la cause artistique. Il n’y a rien d’artificiel dans cette évolution. C’est un accomplissement de ce qui précédait, une manière renouvelée d’affirmer une volonté. Un choix de vie.

Il y a de quoi être fasciné par un tel déploiement d’énergie. On découvre chez Tina Modotti la marque d’une nouvelle liberté de la femme : liberté de penser, de s’engager dans les grandes causes, de vivre selon son plaisir, de choisir son cap. Cette liberté de circuler partout, avec tous, est en même temps une liberté sentimentale et sexuelle. Tina Modotti fait coïncider sa relation au monde et ses choix amoureux. Actrice débutante, elle s’emballe pour un poète ; modèle d’un photographe, elle devient sa maîtresse ; militante et agitatrice, elle séduit des révolutionnaires ; plus tard, quand elle sera un agent rémunéré de Moscou, elle épousera un camarade du Komintern… La concordance est réversible, on ne sait pas si l’idéal de vie impose le modèle de conjoint, ou l’inverse. Dans les deux cas, c’est une manière de se donner.

Un tournant.

Au milieu des années 20. Tina Modotti a vingt–cinq ans. Depuis son arrivée en Amérique, elle a déjà vécu huit années intenses, de San Francisco à Mexico, de la modiste à la militante, du poète Roubaix au révolutionnaire Mella et au communiste Guerrero.

Avec le recul, on peut voir que cette première partie du voyage, à travers le continent américain (USA et Mexique), se place sous le signe d’une fantaisie turbulente, d’un certain hédonisme. On découvre une figure romanesque, pleine d’empathie pour les paysans pauvres et de passion pour le genre masculin. On lit un projet individualiste, où se révèle une forte personnalité, centrée sur elle-même.

La suite du récit, sur le continent européen, va marquer un vrai tournant. À l’hédonisme va succéder l’ascétisme ; à la vie de bohème, le style stalinien ; au désordre mexicain, l’organisation soviétique. On entre dans un versant politique où se lit l’histoire du siècle.

La seconde vie de Tina Modotti.

Tina Modotti quitte le Mexique et arrive en Europe en 1930. À Berlin, elle découvre la violence quotidienne et la montée du parti national-socialiste ; à Moscou, où elle s’établit à partir de 1931, elle assiste aux débuts des grandes purges staliniennes à l’intérieur du Parti ; à Paris, où elle est envoyée en 1934, elle suit les affrontements préludant au Front populaire ; en Espagne, où elle arrive au début de 1936, elle est témoin direct du soulèvement de Franco et l’état de guerre civile qui s’ensuit. Pour Tina Modotti, le temps n’est plus aux débats enfumés ni aux expériences politico-sexuelles en joyeuse compagnie d’artistes d’avant-garde. Désormais, le temps est à l’organisation méthodique, à la discipline, au pragmatisme.

Silvia Radelli, dans son récit épistolaire (dit en off), mesure ces changements. Tina Modotti conserve certes son énergie et sa foi, mais elle n’est plus la personnalité fascinante découverte jusqu’alors. Elle a renoncé à la photographie, aux amis excentriques, aux projets fous, aux idéaux d’un soir. Elle semble même avoir renoncé aux passions charnelles en se mariant avec Vittorio Vidali, camarade sans charmes quoique pourvu de grandes qualités organisationnelles. Où est passée la belle Italienne sulfureuse ? Qu’est devenue l’actrice glamour de mélodrames hollywoodiens, le modèle que son amant Weston photographiait magnifiquement nue, la reporter sociale qui rapportait des clichés émouvants de la vie paysanne mexicaine ?

Tina Modotti est maintenant une militante aguerrie qui voyage à travers l’Europe pour soutenir les luttes et renforcer la ligne de Moscou. Elle est une permanente du Komintern, clandestine de l’appareil stalinien, traquée par les polices de tout le continent. Munie d’un faux passeport guatémaltèque au nom de “ Maria Ruiz ”, elle participe à la guerre d’Espagne avec son mari Vidali, alias “ Commandante Carlos ”, fondateur et commissaire politique du célèbre 5ème Régiment des Brigades Internationales. Cet homme, au rôle très controversé, réorganise les rangs des combattants et met au pas les récalcitrants – jusqu’à se retrouver mêlé à la liquidation des trotskistes du POUM et l’assassinat de Andrés Nin.

En suivant les traces de Tina Modotti, Silvia Radelli découvre cette vie de militante professionnelle. Comme son héroïne, elle est revenue du Mexique. Elle est allée à Berlin, puis Moscou, Paris… Elle descend à Valence, Barcelone… Elle refait le chemin de ces années 1930, depuis l’avènement du nazisme jusqu’à l’écrasement des républicains espagnols. Elle suit le parcours d’une communiste convaincue qui assiste, en moins de dix ans, à toutes les défaites européennes du socialisme.

En février 1939, Tina Modotti fuit l’Espagne avec les républicains vaincus. Elle a perdu ses illusions sur une victoire prochaine de son idéal politique. Et tandis que les combattants désarmés sont parqués dans des camps du sud de la France, elle retourne incognito au Mexique. Elle a quarante-deux ans et ressemble déjà à une vieille femme.

Elle meurt un soir dans un taxi, probablement d’une crise cardiaque.

(François Caillat)

À propos du film

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Versions disponibles : français, anglais

Distribution, diffusion du film : Tempo Films
Contact : tempofilmsprod@gmail.co

Location du film pour séances collectives (secteur culturel) :
Contact : cinema.documentaire@laposte.net

Edition DVD : Tempo Films
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DVD pour usage privé :
Contact : cinema.documentaire@laposte.net

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